La stigmatisation et la discrimination font partie des plus grands obstacles à une riposte efficace à l’épidémie du VIH. Elles sont à la base de diverses violations de droits humains et elles nuisent à l’accès à la prévention, aux soins, aux traitements et au soutien. Des personnes qui vivent avec le VIH, ou qui sont présumées séropositives, peuvent être rejetées par leur famille, leurs amis et collègues, ou se voir refuser des assurances ou l’entrée dans certains pays. Il arrive que des professionnels de la santé refusent de leur fournir des traitements, que des propriétaires immobiliers leur refusent un logement, ou que des employeurs refusent de les embaucher. Puisque le stigmate social associé à la séropositivité au VIH peut résulter en des actes discriminatoires à l’égard de personnes vivant avec le VIH, il est fréquent que la crainte de stigmatisation et de discrimination dissuade des personnes de passer un test de sérodiagnostic pour le VIH ou de reconnaître publiquement leur séropositivité.
Réduire le stigmate et la discrimination associés au VIH/sida est crucial, tant pour endiguer l’épidémie que pour améliorer la qualité de vie des personnes touchées. Le stigmate associé au VIH peut aussi exacerber d’autres types de discrimination, contre d’autres groupes associés au VIH, comme les hommes qui ont des rapports sexuels avec des hommes, les travailleuses et travailleurs sexuels, les personnes qui font usage de drogue, ou les étrangers. L’impression que le VIH/sida affecte seulement ou principalement de tels groupes, qui sont marginalisés ou l’objet de discrimination, risque de faire en sorte que les gouvernements ne portent pas, ou pas suffisamment, attention à cette maladie. Pire encore, il arrive que des leaders politiques, religieux ou autres exploitent des préjugés et des éléments d’opprobre, à leurs propres fins, et nuisent à des réponses efficaces contre l’épidémie.
Les gouvernements ont toutefois une responsabilité légale d’agir.
Des traités internationaux de premier ordre en matière de droits humains, comme le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, ont été interprétés comme incluant le VIH en tant que motif pour lequel la discrimination est interdite. Plusieurs documents internationaux non exécutoires abordent aussi la discrimination fondée sur le VIH. Par exemple, dans Le VIH/sida et les droits de l’homme – Directives internationales, l’ONUSIDA et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme indiquent que les États devraient adopter ou renforcer des lois antidiscriminatoires et d’autres types afin de protéger les personnes vivant avec le VIH/sida contre la discrimination, dans les secteurs public et privé; et mettre en œuvre des recours civils et administratifs rapides et efficaces, en cas de discrimination. Dans la Déclaration d’engagement sur le VIH/sida, adoptée en 2001 par l’Assemblée générale des Nations Unies, puis réaffirmée en 2006 dans la Déclaration politique sur le VIH/sida, les États se sont engagés à adopter, renforcer et appliquer des lois, règlements et autres mesures pour éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des personnes vivant avec le VIH/sida.
En vertu des lois nationales, la discrimination liée au VIH peut être traitée par des lois générales contre la discrimination, qui interdisent les distinctions discriminatoires fondées sur des facteurs comme l’état de santé et/ou le handicap, et qui peuvent être interprétées comme englobant le VIH et/ou le sida; elle peut aussi être traitée par des lois spécifiques au VIH, qui abordent souvent un vaste éventail d’aspects juridiques du VIH et qui incluent habituellement des dispositions interdisant la discrimination fondée sur la séropositivité au VIH et/ou sur un diagnostic de sida. L’inclusion du VIH dans les lois nationales en matière de handicap s’avère un des moyens les plus efficaces de contrer la discrimination liée au VIH, en particulier si ces lois sont rédigées et interprétées avec souplesse.